1 octobre 2022

Le point de Beauvais

Avant l’été, j’ai commencé un totebag avec pour motif central un médaillon ressemblant à un arbre généalogique et j’ai décidé de le travailler au point de Beauvais.

Par conséquent, aujourd’hui, je vous présente :

Le point de Beauvais

Beauvais est situé dans l’Oise. Dès le moyen-âge, c’est un grand centre drapier et les tapissiers flamands y installent leurs ateliers. Cette longue tradition de tissage incite Colbert, contrôleur général des finances de Louis XIV, à implanter une nouvelle manufacture royale de tapisserie sur Beauvais en 1664. Après des débuts difficiles, la manufacture atteint son apogée au XVIIIème siècle. Ses productions sont alors célèbres dans toute l’Europe et cette renommée rejaillit sur l’ensemble de la ville.

Bon, je crois que nous avons un problème : l’histoire de la ville de Beauvais ne parle pas du point de Beauvais !

Reprenons la route et déplaçons-nous de 250 km pour aller dans la Sarthe, à Bourg-le-Roi, vers Alençon… Excellent présage, vous y trouverez le musée du point de Beauvais.

L’histoire a longtemps raconté que le Point de Beauvais serait parvenu en Italie via les caravanes partant de Chine. Les spécialistes mentionnent aujourd’hui son origine indienne apportée en Europe via une de nombreuses ‘Compagnies des Indes’. (Source : https://christelle-ebor.com/le-point-de-beauvais/).

Portrait de madame de Pompadour peint par DROUAIS en 1767

Le dessinateur et brodeur de Louis XV, Charles-Germain de Saint-Aubin a écrit ‘l’art du brodeur’. Ce livre, paru en 1770, évoque l’introduction du crochet en France vers 1760.

L’art atteint son apogée avec le Grand Siècle. Le point de Beauvais sera également appelé point de Pompadour car la marquise était une fervente pratiquante du point et elle a été peinte à plusieurs reprises devant son ouvrage.

Des maisons parisiennes ont beaucoup utilisé le point de Beauvais pour décorer le linge de maison, les gants et les sacs etc…

Une industrie de broderie d’art fut fondée à Bourg-le-Roi par Marguerite BOULARD vers 1840. En 1931, pour des raisons commerciales, la société prit le nom de “Le Point de Beauvais”. L’atelier employa à son apogée jusqu’à 60 brodeuses (sans compter les nombreuses ouvrières à domicile) et ferma ses portes en 1968. (Source : https://musee-du-point-de-beauvais.fr/Le-Point-de-Beauvais).

Passons à la technique

Le point de Beauvais est facilement reconnaissable car il forme un petit point de chaînette avec le côté droit légèrement en relief.

Modèle proposé à l’Atelier pour l’étude du point de Beauvais – Travail de Marie

Il est impératif de travailler sur un tissu parfaitement tendu, ce qui requiert l’utilisation d’un métier à broder et non d’un tambour.

Cette technique ne se travaille pas l’aiguille mais au crochet, le même qui est utilisé par la broderie Lunéville qui permet de poser perles et paillettes en haute couture.

Montage d’une broderie au point de Beauvais sur métier à broder

Le coton mouliné est délaissé car trop cassant pour ce travail au profit du fil à coudre.

La main gauche est sous le métier et tient le fil. La main droite est au-dessus du tissu, elle pique le crochet dans le tissu pour attraper le fil et le faire remonter en formant un point de chaînette. Le travail se réalise sur l’endroit du tissu.

Que vous dire de plus sur le point de Beauvais si ce n’est que le geste demande de la pratique au départ puis devient addictif et apporte à la fois une forme de zénitude, de concentration et de détente .

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