1 octobre 2022

Destinationite

Encore quelques heures de travail avant le plaisir de voir une broderie finie !

Connaissez-vous ce qu’on appelle la destinationite ?

Ce n’est pas une notion nouvelle. Vous trouverez plein d’articles sur le sujet.

Elle amène deux notions fondamentales :

  • la prise de décisions absurdes
  • Plus nous approchons du but fixé, plus il est difficile de renoncer.

En langage de brodeuse, cela se traduit par : « Yes, j’ai bientôt fini. Il me tarde de voir le résultat. Vite, il faut que je finisse ! ».

Hormis les élèves très minutieuses et patientes qui arrivent à surmonter ce problème, les autres (dont moi-même) voient leur ouvrage avancer et ont hâte de le voir fini. C’est là que commencent les ennuis…

Résultat : les points s’agrandissent, la régularité est moindre, les aiguillées sont plus longues et donc le fil s’abîme, se glisse une erreur de couleur, on coupe le mauvais fil quand il s’agit de jours, on travaille trop longtemps et on perd en concentration, et j’en passe….

Il m’a fallu des années pour accepter de prendre le temps jusqu’à la fin, jusqu’au dernier point de l’ouvrage… Et je lutte toujours…

Donc, quand on brode, il ne faut surtout pas compter les heures ou regarder le travail qui reste à faire mais simplement réfléchir à chaque étape puis prendre le temps nécessaire pour broder toujours aussi régulièrement, un motif après l’autre jusqu’au dernier point.

Quand un motif est fini, prenez le temps de le regarder pour savoir s’il vous plait. L’avis honnête d’un tiers est toujours le bienvenu. Peut-être que cela vous obligera à refaire une partie de la broderie. Oui ? Non ? Choix cornélien. Sur le moment, c’est toujours difficile de trouver le courage de refaire mais si l’ouvrage est bien engagé, ce serait dommage de le gâcher pour une décision absurde liée à un moment de découragement. Quand vous le regarderez plusieurs mois ou années plus tard, vous aurez oublié le temps et l’énergie déployés pour refaire et vous serez fier(e) de votre travail. Alors, la réponse est OUI !

Donc, nous prenons le temps et nous brodons les papillons. C’est un choix personnel de les rajouter car ils ne font pas partie du modèle original. J’avais tout simplement envie de broder un papillon en relief.

Première chose, trouver un modèle de papillon, le mettre à la bonne grandeur et réfléchir aux couleurs. J’ai donc décidé d’échantillonner sur un autre tissu. Grand bien m’en a pris car la première version était très moche et mal réfléchie ! C’est l’essai en bas à gauche.

Ensuite pour un papillon en relief, il faut réfléchir à la position des ailes. Je me suis rendue compte que sur l’essai en haut à gauche, les deux ailes destinées au relief étaient brodées en une seule pièce : cela n’est pas réaliste, elles doivent être indépendantes.

Troisième essai transformé car le corps avec les deux ailes fixes fonctionne (c’est celui en haut, au milieu). Il sera donc rebrodé directement sur la soie et les deux ailes en relief sont prêtes à être découpées puis fixées sur l’envers de la soie, ce qui donnera le relief .

Et maintenant, le coeur de la fleur centrale.

Là aussi, j’ai pris de la distance par rapport au modèle original car je n’aimais pas trop la manière dont il était traité. Après tout, rien n’oblige à suivre complètement un modèle. Il est toujours bon et agréable de suivre son instinct et de garder son libre-arbitre.

La partie supérieure est travaillée en longs points lancés avec plusieurs brins de violets mélangés. Il est donc important de fixer ces longs points avec un treillis de violet foncé sinon, une fois la broderie détendue, les fils ne resteront pas en place.

Pour la partie inférieure, retour aux fondamentaux de la broderie or concernant le bourrage qui est constitué d’une cartonnette découpée au gabarit du motif. Il est recouvert avec du mouliné argent fixé au point de boulogne à chaque extrémité.

ET VOILA, LA BRODERIE EST FINIE !

Cet article étant long, je réserve la partie encadrement pour le prochain voyage.

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